"Etre au chômage n'est pas une maladie, ni une honte..."
Par Sylvie STIEVENARD le mardi 4 décembre 2007, 14:41 - Blog emploi - Lien permanent
Le chômage exprime la situation d'une personne contrainte de cesser son activité professionnelle le plus souvent après un licenciement. Etre au chômage précise cette période plus ou moins longue pendant laquelle la personne recherche un nouvel emploi.
"Maladie"
Comparer cet état à une maladie est indécent. Même si le temps de chômage est une période désagréable, perturbante, entraînant des phases de doutes, d'incertitude, il ne peut être comparé à une maladie. Cette dernière altère l'état de santé d'un individu momentanément ou durablement et parfois irréversiblement. Songez aux maladies qui font le feu de l'actualité : Alzheimer, Sida, Myopathie...
Alors je dis non à ces comparaisons approximatives et déplacées !
"Honte"
Qu'est-ce que la honte ? Selon la définition du "Petit Larousse", c'est "un sentiment pénible provoqué par une faute commise, par une humiliation, par la crainte du déshonneur."
A moins que d'être licenciée pour faute professionnelle, la personne qui se retrouve au chômage n'a pas commis de faute. Peut-on parler de la faute à pas de chance ?...
Par contre, c'est humiliant de perdre un poste ou de ne pas retrouver le sien après quelques années d'absence justifiées comme dans mon cas. Du jour au lendemain, la personne n'est plus reconnue, elle est écartée d'un système dans lequel elle faisait preuve de professionnalisme.
Le déshonneur est un mot fort, trop fort pour parler du chômage. Je parlerai plutôt de déconsidération. Car, aujourd'hui, je me sens déconsidérée lorsque l'A.N.P.E. me propose des contrats aidés (temps partiel de 20 heures rémunérées au SMIC) pour des postes qui ne correspondent en rien à mes qualifications, à mes compétences. Sur le marché de l'emploi, cela voudrait-il dire que je ne vaux presque rien ?
Alors, oui, parfois j'ai honte d'être au chômage.
"Phénomène de société commun"
Le chômage est effectivement un phénomène de société, c'est un fait observable. Il revêt aussi un caractère exceptionnel pour la personne qu'il touche, exceptionnel dans le sens où le chômage devrait être limité dans le temps.
Si ce phénomène de société est commun, cela signifie que le chômage est banalisé. C'est quelque chose de courant, ordinaire, à laquelle on ne fait plus attention. Le danger de la banalisation est l'acceptation passive d'un état qui empêche un certain nombre de personnes de s'intégrer normalement dans la société.
Si le chômage est une chose si banale, ce n'est plus un phénomène de société !
Alors, oui, le chômage est un phénomène de société qui doit conserver son caractère exceptionnel.
Bon courage à tous mes collègues en recherche d'emploi,
Sylvie Stiévenard


Commentaires
Concernant le fait que le chômage n'est ni une maladie, ni une honte, tu es visiblement d'accord avec Fadhila. Si la majorité des gens sont d'accord sur ce point, il est tout de même bon de le rapeller.
Pour ce qui est du phénomène de société tout à fait commun, il convient certes de ne pas tomber dans la banalisation : accepter le chômage, c'est rendre les armes. Selon moi, le chômage a un caractère non pas exceptionnel, mais injuste. En le définissant comme commun, Fadhila rapelle que c'est un phénomène malheureusement trop courant. Sans tomber dans la banalisation, le chômage touche de nombreuses personnes, commun signifie dans ce contexte que le statut de chômeur est malheureusement courant de nos jours. C'est malheureux. Mais il est bon de rapeller aux personnes qui recherchent un emploi qu'elles ne sont pas seules. C'est un fléau qui touche notre société, on doit continuer de lutter contre et de ne pas le banaliser. Etre au chômage est devenu commun dans le sens où c'est un passage obligé pour beaucoup d'entre nous. Cela ne signifie pas que c'est une situation normale.
Tu fais bien de rapeller ces éléments, merci de ton intervention.
Modérateur,
Je suis bien sûr d'accord avec Fadhila et j'avais bien compris qu'elle utilisait le terme "commun" dans le sens "trop courant" et que son but est de rassurer et de motiver les personnes au chômage.
Cependant, ce qui est trop courant peut effectivement devenir trop banal...
Comme dit Caliméro "C'est vraiment trop inzuste !". Eh ! oui, j'ai des références en dessins animés...
Bien à toi,
Sylvie Stiévenard
Je suis parfaitement d'accord avec vous, j'ai aussi parfois honte d'être au chômage... surtout lorsque cela dure sur la longueur....au début je n'y pensais pas trop mais plus le temps passe, moins je trouve ma place socialement, face à autrui... dans les rapports aux autres, l'autre nous donne parfois l'impression qu'on n'a pas de légitimité d'entrer dans tel ou tel débat, on n'a pas de travail, donc on n'est pas reconnu socialement, donc notre opinion pèse moins lourd que son voisin qui lui bosse...
En outre, je pense que le chômage, si l'on réfléchit non sur le plan individuel, mais sur le plan collectif, s'il peut être un mal nécessaire à partir du moment où il est cyclique et ne dure pas, peut devenir une maladie SOCIALE, gangrénant la collectivité, et qu'il ne faut effectivement pas commencer à trouver cela suffisamment banal pour ne plus y prêter une sérieuse attention.... ; )
Bonjour,
Oui je confirme que nous sommes d’accord. Je tiens à préciser que j’ai moi-même déjà été au chômage et que j’accompagne des demandeurs d’emploi depuis plus de 4 ans dans le cadre de cellule de reclassement. Mes propos et mes commentaires sont issus de ces deux expériences.
J’entends dans les propos de demandeurs d’emploi à qui je propose de s’appuyer sur son réseau « Non, je ne peux pas dire que je suis au chômage car j’ai honte » ou « mon réseau ne me rappelle pas, il me fuit »…etc.
Raisons pour laquelle je précise que le chômage n’est pas une maladie, ni une honte.
De tous les milieux sociaux professionnels : qui peut se vanter de n’être pas passé par une période de chômage désirée ou non ? Peu, très peu.
Le chômage est une réalité de notre société. Je ne baisse pas les bras en disant cela. Je veux minimiser la culpabilité ou le fait de penser que l’on est seul dans ce cas.
Bien entendu, « commun » ne signifie pas que le chômage est banal au point où il ne faut pas/ plus se battre ; il signifie que notre société doit se décomplexer à en parler.
« Je cherche à proposer mes services, mes compétences aux employeurs ».
On se sent toujours seul quand on se sent rejeté. Je me rappelle avoir dû répondre à un recruteur il n'y a pas si longtps: "mais ce n'est pas une maladie honteuse le chômage n'est-ce pas?" Et il était tout embêté de ma question qui attendait forcément une réponse. (il a trituré ses papelards en balbutiant 2 trucs inutiles). Garder le cap et leur prouver à tous que le chômage c'est aussi une expérience!