Le chômage exprime la situation d'une personne contrainte de cesser son activité professionnelle le plus souvent après un licenciement. Etre au chômage précise cette période plus ou moins longue pendant laquelle la personne recherche un nouvel emploi.

 

"Maladie"

 Comparer cet état à une maladie est indécent. Même si le temps de chômage est une période désagréable, perturbante, entraînant des phases de doutes, d'incertitude, il ne peut être comparé à une maladie. Cette dernière altère l'état de santé d'un individu momentanément ou durablement et parfois irréversiblement. Songez aux maladies qui font le feu de l'actualité : Alzheimer, Sida, Myopathie...

Alors je dis non à ces comparaisons approximatives et déplacées !

 

"Honte"

Qu'est-ce que la honte ? Selon la définition du "Petit Larousse", c'est "un sentiment pénible provoqué par une faute commise, par une humiliation, par la crainte du déshonneur."

A moins que d'être licenciée pour faute professionnelle, la personne qui se retrouve au chômage n'a pas commis de faute. Peut-on parler de la faute à pas de chance ?...

Par contre, c'est humiliant de perdre un poste ou de ne pas retrouver le sien après quelques années d'absence justifiées comme dans mon cas. Du jour au lendemain, la personne n'est plus reconnue, elle est écartée d'un système dans lequel elle faisait preuve de professionnalisme.

Le déshonneur est un mot fort, trop fort pour parler du chômage. Je parlerai plutôt de déconsidération. Car, aujourd'hui, je me sens déconsidérée lorsque l'A.N.P.E. me propose des contrats aidés (temps partiel de 20 heures rémunérées au SMIC) pour des postes qui ne correspondent en rien à mes qualifications, à mes compétences. Sur le marché de l'emploi, cela voudrait-il dire que je ne vaux presque rien ?

Alors, oui, parfois j'ai honte d'être au chômage.

 

"Phénomène de société commun"

Le chômage est effectivement un phénomène de société, c'est un fait observable. Il revêt aussi un caractère exceptionnel pour la personne qu'il touche, exceptionnel dans le sens où le chômage devrait être limité dans le temps. 

Si ce phénomène de société est commun, cela signifie que le chômage est banalisé. C'est quelque chose de courant, ordinaire, à laquelle on ne fait plus attention. Le danger de la banalisation est l'acceptation passive d'un état qui empêche un certain nombre de personnes de s'intégrer normalement dans la société.

Si le chômage est une chose si banale, ce n'est plus un phénomène de société !

Alors, oui, le chômage est un phénomène de société qui doit conserver son caractère exceptionnel.

 

 

Bon courage à tous mes collègues en recherche d'emploi,

Sylvie Stiévenard

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