Première rencontre avec l'intérim (5ème épisode)
Par Sylvie STIEVENARD le jeudi 10 janvier 2008, 15:04 - Histoire d'une recherche d'emploi - Lien permanent
Résumé des épisodes précédents : jeudi 7 septembre 2006, je me rends à Lille pour consulter les agences d'intérim sur mon profil. Accompagnée de mon fidèle sac en cuir marron, je traverse la Grand'Place de Lille pour atteindre le boulevard des agences d'intérim. Après quelques hésitations, je pénètre dans l'une d'entre elles. Après quelques minutes d'attente pendant lesquelles j'observe les lieux et ses occupants, je peux exposer mon CV et poser la question "Que faut-il faire pour renouer avec le marché de l'emploi ?. Mon interlocutrice me dresse alors un tableau noir de mon CV. "...Je ne suis pas au bout de mes peines..."
5ème épisode
Mes peines ne font que commencer :
3/ - "Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de femmes qui viennent me voir parce qu'elles souhaitent retravailler après s'être occupées de leurs enfants. Quand je les teste au niveau informatique, elles ne savent même plus taper un courrier ! En plus, elles ont encore la tête dans les couches, dans les réunions de parents d'élèves !"
- "Bien sûr, je ne remets pas en cause vos compétences". Prend-elle la précaution de me dire à plusieurs reprises.
Je bous à l'intérieur de moi-même. J'argumente. Ce n'est pas parce que l'on a fait le choix d'interrompre son activité professionnelle pour élever ses enfants que l'on est inapte au travail, que l'on ne vaut plus rien !
Le coup porté a été si violent que ma radio est cassée. Même pas une petite mélodie pour me réconforter ? Si, une voix désuète et lointaine fredonne "Tu es, Maman, la plus belle du monde...". Merci Tino Rossi, une telle déclaration est un réel réconfort...


Commentaires
Bonjour Sylvie,
Je vous apporte un peu de glace pour calmer le feu du volcan...
Non, vous n'êtes pas une pile usagée que l'on jette impunément après usage, si vous venez d'avoir un enfant, les plus belles années de vôtre vie son devant vous, ça c'est sûr...
Je sais combien il est difficile pour une femme de reconquérir, après une période d'arrêt, cette "employabilité" que l'on désire tous...
Vous avez l'air d'avoir la tête sur les épaules, gardez là...quelqu'un aura forcement besoin de vous à un moment donné...
Courage et persévérance...
Bien à vous,
Christian
Bonsoir Christian,
Merci pour la glace et les encouragements.
La vie est belle même si le parcours est semé d'embûches. Je suis heureuse de voir chaque jour s'épanouir mes trois enfants et assume entièrement mon choix d'avoir interrompu mon activité professionnelle pour fonder ma famille.
L'objet de l'histoire de ma première rencontre avec l'intérim est bien de montrer la difficulté d'une femme, de surcroît mère, de se réinsérer dans le monde du travail et de dépeindre la dure réalité du marché de l'emploi d'aujourd'hui.
Après tout, on recycle bien les piles usagées !...
Rendez-vous demain pour le 6ème épisode, l'épilogue approche.
Sylvie
En effet, les déboires sont les déboires, nous en connaissons tous, voilà bientôt un an que je me nourris de la dure réalité du marché de l'emploi d'aujourd'hui, j'ai aussi l'impression comme vous d'être sans arrêt, obligé de "maquiller" sur mes expériences pour obtenir un entretien pour un poste nettement en dessous de mes capacités. Alors recyclé oui mais sous quelle forme et dans quel but ? Sommes nous prêts à tout oser ?
Voici un sujet qui pourrait faire un thème du mois...
Dans ce billet, je m'exprime en tant que femme. Bien évidemment, homme ou femme, nous sommes confrontés aux mêmes difficultés, aux mêmes déboires.
Dans l'épilogue de mon histoire sur ma première rencontre avec l'intérim, je répondrai en partie à la question "Sommes nous prêts à tout oser ?".
Bon courage Christian, l'espoir fait vivre !