Confrontation à la dure réalité du marché de l'emploi

J'aurai pu finir cette "saga", terme utilisé par notre modérateur dans un de ses commentaires, par des chansons comme l'a suggéré avec brio Christian à la fin du 6ème épisode. Certes, la musique adoucit les moeurs et apaise, mais l'heure est à la confrontation à la dure réalité du marché de l'emploi. Il me faut digérer tout ce qui m'a été asséné en l'espace de quelques minutes. Sincèrement, lorsque j'ai démarré ma recherche d'emploi en janvier 2006, je n'avais pas conscience de l'état du marché. Je pensais naïvement que je retrouverai du travail dans ma spécialité comme lors de ma dernière recherche en 1990. L'expérience, la motivation étaient alors suffisantes, le marché de la publicité était encore florissant. Et, puis, j'étais plus jeune, je n'avais pas d'enfants...

Il faut bien admettre que les temps ont changé et que l'arrêt de travail de 6 années pour élever mes enfants est sûrement un frein à l'obtention d'entretiens. Alors, même si la confrontation est violente, elle est sûrement salutaire.

Acceptation de la loi du marché

En cet automne 2006, je n'ai qu'un objectif en tête : trouver rapidement un emploi pour prouver que je sais travailler, tant pis si toutes mes compétences ne sont pas exploitées, tant pis si le salaire est peu élevé, tant pis si le contrat est précaire. Si je persiste à chercher exclusivement dans le domaine de la communication, j'ai le sentiment profond que je ne me réinsérerai jamais sur le marché de l'emploi. Il me faut donc accepter sa loi.

J'ai saisi ma gomme et retravaillé mon CV. J'ai comparé mes compétences et expériences avec les fonctions d'une assistante de direction, d'une assistante administrative, d'une assistante polyvalente pour aboutir à un CV "Assistante" épuré, cohérent avec mes savoirs-faire, qui me permette d'élargir mon champ de recherche à d'autres secteurs d'activité que la publicité.

Retour à Lille avec succès

Le 5 octobre 2006, un mois après ce fameux 6 septembre 2006, j'étais à nouveau assise en face de mon interlocutrice. Elle se souvenait de moi. Avant de lui présenter mon nouveau CV, je lui ai fait remarqué la dureté de ses propos lors de notre premier entretien, propos dictés par le marché de l'emploi, donc par les employeurs, s'est-elle empressée de me faire comprendre.

Elle a reçu mon CV de façon très positive et d'emblée m'a proposé une mission à mi-temps pour remplacer un départ en congé maternité dans une association à Lille. Le 13 octobre, j'avais rendez-vous avec le trésorier et l'assistante de cette structure. Le 17 octobre, je débutais ma mission.

Bilan positif et mitigé

J'ai prouvé que je savais encore travailler ! La mission s'est bien déroulée (Mon voyage chez Deffontaines- rubrique : expériences professionnelles). J'ai repris le travail sans aucune difficulté et me suis adaptée à une organisation, un univers que je ne connaissais pas. Si l'association avait eu les moyens, elle m'aurait volontiers embauchée...

Ce bilan positif est contradictoirement mitigé. Car travailler à mi-temps n'est pas rentable : déduits les frais d'essence, l'usure de la voiture, les frais de cantine et de garde des enfants, les impôts sur le revenu, je n'ai quasiment rien gagné. Sans compter le temps passé dans les bouchons certains soirs...

A l'issue de cette mission, l'agence d'intérim m'a proposé plusieurs postes à temps partiel aux environs de Lille dont un CDI pour lequel j'ai eu un entretien : travail de secrétariat pur sans perspective d'évolution, 20 heures par semaines de 8 h 30 à 12 h 30 du lundi au vendredi. Le réseau routier vers Lille est souvent saturé le matin. Il faut donc compter au minimum 1 h 30 de temps de trajet pour être sûre d'arriver à l'heure. Pouvais-je accepter un travail pour lequel j'étais sur-qualifiée ? Pouvais-je accepter de travailler pour presque rien ? Pouvais-je accepter de mettre en péril la qualité de vie de ma famille ?

Ma première mission m'a permis de renouer avec le marché du travail, de boucher le "trou" sur mon CV et surtout d'éliminer les "points noirs" de ce dernier. Il existe cependant un seul point sur lequel je ne peux pas intervenir : l'âge !... Aujourd'hui, je recherche un poste à temps plein ou - oserai-je l'écrire - à 80 % pour me consacrer à mes enfants le mercredi, dans lequel je puisse mettre en pratique mes compétences, sur un secteur géographique plus limité.

Le temps passe..., et, me voici de nouveau confronter à la dure réalité du marché du travail !